Patrimoine
Le dolmen dit de "la Pierre Levée"

Le dolmen qui a donné son nom à l'école municipale : La pierre levéeCe monument mégalithique s’élevait jadis sur le territoire de la commune de Saint-Rogatien. Le lieu-dit « Le Givrand/Champagnié », non loin de l’actuel rond-point « Mélusine », où il a été découvert, est rattaché à la commune de La Jarne depuis 1959. Ce dolmen est un des plus anciens vestiges de ces âges lointains de l’arrondissement de La Rochelle.

Découverte en 1816, la « Pierre Levée », comme on l’appelait alors, se dressait intacte sur une petite butte dominant la plaine environnante. Elle se composait d’une grosse pierre de quatre tonnes environ reposant sur quatre autres pierres, représentant un poids total d’environ sept tonnes. Parmi les restes retrouvés dessous, se trouvaient des fragments d’ossements humains, de poterie, une pointe de silex, un crâne,…(actuellement au Muséum d’Histoire Naturelle de La Rochelle). Ceci permet de conclure que ce mégalithe était bien un monument funéraire préhistorique.

Dans les croyances populaires locales, le monument est lié à de nombreuses légendes dont celle de la fée Mélusine (voir ci-dessous).

Transporté au Jardin des Plantes de La Rochelle en août 1886, et après plus d’un siècle d’exil, le dolmen a été rapatrié à La Jarne, place de la Liberté, au début de l’année 2001.

 

Le dolmen et la légende de la fée Mélusine

La statue de Mélusine (décapitée) au Centre socioculturel qui porte son nom Dans la tradition populaire, on raconte la navrante histoire du Sire de Châtelaillon qui refusa l’hospitalité à Mélusine, ce qui fut très fâcheux pour lui et sa descendance. En effet, folle de rage, la fée ordonna à l’océan de détruire la ville et jeta un sortilège :
« Châtelaillon, Châtelaillon,
Grande ville de grand renom,
Chaque jour tu périras,
D’une maille et d’un denier,… »

Ce qui advint, et perdure, ne serait-ce que par l’action de la mer sur la côte…

On la vit elle-même aider à la destruction de la ville. Elle prenait les pierres dans sa dorne et allait les porter (n’oublions pas qu’elle volait, comme toute fée qui se respecte) sur le chantier de sa tour à Lusignan.

Un jour, l’une de ses bretelles cassa ; les pierres tombèrent en tas à La Jarne, constituant le dolmen (la Pierre Levée) que l’on peut admirer depuis le mois de janvier 2001 sur la place de la Liberté, après que celui-ci eût séjourné pendant près d’un siècle au Jardin des Plantes de La Rochelle.

L’église Notre Dame (XIème siècle)

L'église Notre DameCette église, dédiée à la Vierge, fut donnée à la fin du XIème siècle à l’abbaye de Saint Cyprien à Poitiers par Elbe de Chatelaillon.

Devenue une dépendance du Prieuré de Doeuil, elle passe ensuite à la possession de l’évêque.

Elle comprend des constructions de trois époques : derrière la façade romane, la nef, relevée à la fin du XVème siècle et élargie vers le sud (côté droit), s’ouvrait par une porte en accolade aujourd’hui murée.
L’édifice a perdu toute trace de voûtement depuis qu’il a été prolongé en profondeur vers l’est en 1657, puis en 1769.
La partie romane de la façade a été restaurée par Ballu au début du XXème siècle.
Partagée en neuf par contreforts, colonnes et trois corniches à modillons, ce frontispice révèle un art roman en pleine possession de ses moyens.

Un vaste portail s’ouvre en plein cintre vers l’intérieur de l’église. L’arc externe du portail est orné de motifs d’une grande variété où dominent feuilles et palmettes. S’y alignent onze chats, lapins et ânes stylisés. Sur les modillons de la première corniche, on retrouve plusieurs têtes : un bouc, un barbu, un bélier, un serpent enroulé sur lui-même, des griffons se mordant les pattes. Sur la deuxième corniche, s’impose la richesse des métopes : lutteurs, sirène, femme mordue aux seins par des serpents, centaure, chevalier maîtrisant un lion, homme armé d’un énorme maillet. L’ensemble de ces scènes semble marqué par l’idée du combat contre le mal. Sans doute invitait-il à lutter contre les vices…

A l’intérieur, se trouve un mobilier de qualité datant de la fin du XVIIIème siècle. D’après les notes de l’Abbé Belleisle, ce serait en 1769 que fut mis en place le retable avec ses pilastres ioniques. L’année suivante, fut placée, au centre, une toile représentant la « Nativité de la Vierge » peinte par François Brossard de Beaulieu. La chaire et le retable, dus aux menuisiers rochelais Chevalier père et fils, sont en bois d’acajou.

Château de Buzay (18ème siècle)

  Le Château de Buzay Joyau du patrimoine architectural de l’Aunis, le château de Buzay s’élève sur des terres qui sont au Moyen Age une possession de l’abbaye de Buzay près de Nantes, en Loire-Atlantique, d’où le nom du lieu-dit.

Après bien des mutations, ces terres sont acquises par Pierre Harouard (en 1686) aïeul d’une famille qui s’illustra à La Rochelle dans le monde des finances, de la justice et des affaires maritimes. Son petit-fils, Pierre-Etienne Harouard, fils d’armateur et Lieutenant général de l’amirauté, fait poser la première pierre de Buzay, le 1er mai 1771, par sa fille Maire Louise Henriette alors âgée de 3 ans. Celle-ci épouse seize ans plus tard un jeune officier, Etienne-Pierre de Montbron : ils sont les ancêtres des actuels propriétaires.

Les plans initiaux sont dus à l’architecte Ducret et Jacques-Ange Gabriel y a peut-être mis sa touche. Entre la cour et le jardin, l’avant-corps central est flanqué de deux ailes et de deux pavillons en saillie. Côté cour se dresse un portique fait de deux colonnes galbées et de deux pilastres encastrés. Le fronton comporte les armoiries des Harouard et de Marie-Agathe Petit du Petitval qui a épouse Pierre-Etienne en 1765. Sous le portique on peut voir des guirlandes de fleurs enrubannées. Côté jardin, un avant-corps est composé de quatre pilastres ioniques. Le fronton présente une allégorie : une horloge (factice) dans un décor marin.

A l’intérieur, on peut admirer un escalier avec une belle rampe en fer forgé de Paul Robert, des boiseries « rocaille » exécutées par des menuisiers rochelais, les Chevalier père et fils, du mobilier, des portraits de famille ainsi qu’une tapisserie d’Aubusson représentant le triomphe d’Alexandre le Grand sur Darius roi des Perses. Les œuvres du peintre-vitrier Lacroix ont été réalisées avec le concours du miroitier Fournial et du menuisier Duburgard. Les cheminées en marbre proviennent d’Italie et les bronzes de Paris.

Pendant la Révolution, à l’arrestation du propriétaire au nom de la loi des suspects, les vignerons de La Jarne prirent le château sous leur protection. Il ne subit aucun dommage.

A la nouvelle de la réquisition du château par les Allemands en novembre 1940, spontanément, la population de La Jarne se présenta en foule pour se mettre à la disposition de Madame de Montbron. Les meubles furent dispersés puis intégralement restitués à la fin des hostilités avec la même spontanéité. A la fin de la guerre, la reddition du camp de La Jarne fut signée dans le grand salon de Buzay.
 
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